L’importance des professionnels de santé autour de la maternité
Comment bien choisir sa sage-femme, son pédiatre ou son médecin ? Un professionnel doit informer sans juger, respecter vos choix et renforcer votre confiance de parent.
Quand on prépare l'arrivée d'un bébé, on pense à la maternité, aux vêtements, au siège-auto, à la poussette… Mais il y a un choix dont on parle finalement assez peu : celui des professionnels de santé qui vont nous accompagner.
Sage-femme pendant la grossesse, équipe de la maternité, pédiatre, médecin généraliste… Bien sûr, on les consulte d'abord pour leur expertise médicale. Mais leur influence peut aller beaucoup plus loin.
Parce qu'en devenant parent, on arrive aussi avec beaucoup de questions, parfois des doutes, et une confiance en soi qui est encore en construction. Une remarque qui paraît anodine peut rassurer énormément… ou au contraire nous faire douter pendant des semaines.
Tous les professionnels n'ont pas la même vision
Deux professionnels compétents peuvent avoir des approches complètement différentes de la naissance ou de la parentalité.
Une amie a par exemple changé de sage-femme pendant sa grossesse. Lorsqu'elle lui a parlé de ses inquiétudes concernant l'épisiotomie, sa première sage-femme lui a répondu quelque chose comme :
« Moi, j'en ai eu une et je ne suis pas morte. »
Au-delà de l'acte médical en lui-même, c'était surtout la façon de balayer son inquiétude qui posait problème. Et l'établissement vers lequel elle était orientée pratiquait beaucoup d'épisiotomies, alors qu'elle souhaitait justement une approche différente de son accouchement.
Même chose après la naissance. Allaitement, sommeil, cododo, diversification, portage… ce sont des sujets sur lesquels les pratiques et les convictions personnelles peuvent parfois se mélanger aux recommandations médicales.
Un professionnel peut vraiment renforcer notre confiance de parent
À l'inverse, tomber sur quelqu'un avec qui on se sent en confiance peut tout changer.
Après mon accouchement, lors de la visite à domicile de ma sage-femme, nous lui avons expliqué un peu timidement que notre bébé dormait avec nous.
Au début, on avait presque honte de lui dire. On avait l'impression de faire quelque chose d'anormal.
Sa réaction a été toute simple : elle nous a expliqué que le sommeil partagé était pratiqué dans de nombreuses cultures et que, tant que nous respections les règles de sécurité, elle ne voyait aucun problème à ce que cela fonctionne ainsi pour notre famille.
Et cette petite conversation nous a fait énormément de bien.
Elle ne nous a pas simplement donné une information : elle nous a aidés à avoir confiance dans notre choix.
C'est aussi ça que j'attends d'un professionnel qui accompagne ma parentalité : quelqu'un capable de m'informer sur les risques lorsqu'ils existent, évidemment, mais aussi de faire la différence entre une recommandation médicale et une préférence personnelle.
La blouse blanche n'interdit pas l'esprit critique
Faire confiance à un médecin, une sage-femme ou un pédiatre ne signifie pas devoir accepter chaque phrase comme une vérité absolue.
Et ça ne remet pas en cause leurs compétences.
La médecine est immense. Aucun professionnel ne peut être spécialiste de tout. Certains sujets occupent une place importante dans leur formation, d'autres beaucoup moins. Et les connaissances évoluent également au fil des années.
Un pédiatre peut être excellent pour suivre la santé de ton enfant sans être particulièrement spécialisé dans l'allaitement. Un professionnel de santé peut conseiller un cosmétique pour bébé sans avoir étudié en détail chaque ingrédient de sa formulation. Un autre peut avoir une opinion très arrêtée sur le sommeil des bébés alors qu'on sort en réalité du strict champ médical.
Ça ne veut pas dire qu'il faut se méfier de tout.
Ça veut simplement dire qu'on a le droit de demander :
« Sur quoi repose cette recommandation ? »
« Est-ce une recommandation médicale ou votre préférence ? »
« Est-ce qu'il existe d'autres possibilités ? »
Et, si quelque chose nous semble important, on peut aussi chercher un deuxième avis.
Chercher quelqu'un qui correspond à nos priorités
Je pense donc que ça vaut vraiment le coup, lorsque c'est possible, de choisir ses professionnels aussi selon les sujets qui comptent pour nous.
Si tu souhaites un accouchement le plus physiologique possible, tu peux demander à une sage-femme comment elle accompagne ce type de projet.
Si tu souhaites allaiter, tu peux chercher un professionnel réellement formé et à l'aise avec l'allaitement et compléter si besoin avec une consultante IBCLC.
Si tu pratiques le cododo, le portage, la DME ou simplement une parentalité qui sort parfois des habitudes de ton entourage, tu peux chercher un pédiatre avec lequel tu peux en parler sans avoir peur de te faire juger.
Le but n'est pas non plus de trouver quelqu'un qui sera systématiquement d'accord avec nous.
Au contraire : j'ai envie qu'un professionnel me dise quand quelque chose présente réellement un risque. Mais j'ai envie qu'il puisse me l'expliquer, me donner les informations disponibles et discuter avec moi des solutions, plutôt que de me culpabiliser ou de balayer mes questions.
Et on a le droit de changer
C'est peut-être le point que j'aurais aimé entendre plus tôt : on a le droit de changer de sage-femme, de pédiatre ou de médecin.
Même sans raison spectaculaire.
On n'a pas besoin d'attendre une grosse erreur ou un conflit. Ne pas se sentir écouté, ne pas oser poser certaines questions, ressortir systématiquement d'une consultation en se sentant jugé ou perdre confiance en soi peuvent déjà être de bonnes raisons de chercher quelqu'un d'autre.
Évidemment, selon l'endroit où l'on vit et la disponibilité des professionnels, on n'a pas toujours énormément de choix. Mais lorsqu'on l'a, je trouve que ça mérite vraiment d'en profiter.
Parce qu'autour de la grossesse et des premiers mois avec un bébé, on n'a pas seulement besoin d'un professionnel compétent.
On a aussi besoin de quelqu'un avec qui on ose dire :
« Voilà ce qu'on fait à la maison. Voilà ce qui m'inquiète. Voilà ce que j'aimerais. »
Sans préparer mentalement la réponse qu'on pense qu'il a envie d'entendre.
Et pour moi, c'est même un très bon indicateur : un professionnel de confiance, ce n'est pas forcément quelqu'un qui pense comme moi. C'est quelqu'un avec qui je peux être honnête, poser mes questions, être en désaccord parfois… et continuer à me sentir écoutée et respectée.